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[DOSSIER DE PRESSE] UN QUINQUENNAT AUX AMBITIONS DÉÇUES

Alors que la France compte 300 000 personnes sans domicile et 4 millions de mal-logées, que le logement représente le premier poste de dépenses des ménages, la question du logement devrait être une priorité de la politique actuelle. Pourtant, depuis 1984, l’effort public pour le logement, en pourcentage de PIB, n’a jamais été aussi faible. Face à ce constat, les 39 associations du Collectif des associations Unies dressent le bilan des cinq années écoulées.

Afin de répondre à la crise du logement, le candidat Emmanuel Macron souhaitait « libérer » le marché du logement, et « protéger » les ménages les plus en difficulté en développant un plan quinquennal pour le  « Logement d’abord ». Malheureusement, ces ambitions ont été rapidement déçues. Malgré certaines avancées, la majorité des objectifs de production de logements et d’attributions HLM n’ont pas été atteints. Dès les premiers mois du quinquennat, des coupes budgétaires inédites ont été réalisées, fragilisant les principaux outils de lutte contre le mal-logement et aggravant la chute de la production de logement social.

Ensuite, la survenue de la crise Covid en 2020 a déstabilisé le monde du logement, réduisant encore la production de logements, et accroissant les difficultés d’accès aux droits et à un toit pour les personnes en difficulté. Face à l’urgence, le gouvernement a augmenté significativement les capacités du parc d’hébergement, permettant d’éviter l’explosion du nombre de personnes à la rue. Toutefois, des efforts restent encore à fournir en termes d’« humanisation » des structures et d’accompagnement social, pour assurer aux personnes un parcours de meilleure qualité. En outre, le parc d’hébergement reste saturé, et encore incapable de faire face au nombre important de personnes à la rue.

L’aggravation des situations de pauvreté, la hausse de 25 % des expulsions de lieux de vie informels sans solution de relogement, l’abandon par certains préfets, avec l’accord ou dans le silence du gouvernement, d’approches concertées de la résorption des campements et bidonvilles comme à Montpellier ou à Lille, la politique de harcèlement au détriment d’un accueil digne et organisé à Grande Synthe et dans le Calaisis, et la reprise des expulsions locatives en 2021 contribuent à dégrader ce bilan. Et même si le plan de relance a été l’occasion d’avancées législatives et financières sur le plan de l’amélioration de l’habitat, les moyens restent toujours en deçà des enjeux pour lutter efficacement contre l’habitat indigne et la précarité énergétique.

Face à ce bilan, les 39 associations du Collectif des Associations Unies souhaitent présenter aux candidat·es à l’élection présidentielle leurs propositions pour en finir avec la grande exclusion par le logement. 

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Le rapport 2021 de l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels

L’observatoire des expulsions collectives des lieux de vie informels est porté par plusieurs associations actives dans le domaine de l’accompagnement et de la défense des droits de personnes en situation de précarité et mal-logées.

Les objectifs de l’observatoire sont :

  1. Objectiver avec des données chiffrées la réalité de la politique d’expulsion des personnes en habitat informel ;
  2. Alerter l’opinion et les autorités publiques sur l’inefficacité des politiques d’expulsion et leurs conséquences pour les habitants ;
  3. Plaider pour un changement d’approche en privilégiant le respect des droits des habitant.e.s de lieux de vie informels.

Pour atteindre ces objectifs, l’observatoire repose sur des questionnaires à remplir par les contributeurs, qui doivent permettre de répertorier toutes les expulsions ou évacuations de personnes vivant dans un lieu de vie collectif et informel, et de préciser leurs fondements juridiques et leurs modalités concrètes de réalisation.

Les publications annuelles :

https://www.observatoiredesexpulsions.org/fr/login#publications-wrapper

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Bidonvilles : Notre lettre au Premier Ministre est restée sans réponse

Le 13 octobre 2021, le Collectif des Associations unies a souhaité interpeller le Premier Ministre sur leur profonde inquiétude quant à l’application territoriale de la politique de résorption des bidonvilles. Face à un constat extrêmement préoccupant, notre Collectif lui a demandé la réaffirmation auprès des autorités locales concernées de l’instruction interministérielle du 25 janvier 2018 avec un moratoire sur les expulsions de lieux de vie informels sans solution alternative réellement adaptée.

Ce courrier est depuis resté sans réponse, malgré la multiplication du nombre de lieux de vie expulsés. Selon l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels, 1330 lieux de vie informels ont été expulsés du 1er novembre 2020 au 31 octobre 2021, contre 1079 l’année dernière sur la même période.



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[COMMUNIQUE DE PRESSE] EXPULSIONS : LES POUVOIRS PUBLICS DOIVENT TOUT METTRE EN ŒUVRE POUR ÉVITER DE NOUVELLES SOUFFRANCES SOCIALES

Depuis la fin de la trêve hivernale des expulsions le 1er juin, les remontées de terrain issues des associations du Collectif des Associations Unies témoignent d’une multiplication des expulsions d’habitats informels et des risques d’expulsions locatives sans solutions adaptées et pérennes sur les territoires. Ces expulsions interviennent malgré les diverses mesures prises par le gouvernement pour limiter leur impact : maintien des capacités du parc d’hébergement d’urgence ouvertes pendant la crise sanitaire et l’hiver (43 000 places) a minima jusqu’à mars 2022, abondement des Fonds de Solidarité Logement et du Fonds d’indemnisation des bailleurs, instruction aux préfets visant à ne pas expulser les ménages locataires sans solution d’hébergement ou de relogement.

Dans un contexte de fragilités sociales et économiques importantes, et à une période où les possibilités de faire valoir les demandes d’aides ou de recours ont été réduites du fait des restrictions sanitaires, impactant de fait les possibilités d’accès et de maintien dans le logement, 30 000 ménages locataires et 20 000 habitants de lieux de vie informels risquent potentiellement de perdre leur logement ou leur abri dans les semaines et mois à venir.

Le Collectif s’inquiète en particulier du fait que les instructions ministérielles ne se prononcent pas sur le sort des personnes qui, faute d’alternative, vivent aujourd’hui en bidonville et squat dans la plus grande précarité. Les expulsions de lieux de vie informels se sont accélérées, au moins 103 depuis le 1er juin, sans compter toutes celles qui l’ont été pendant les mois précédant, malgré la trêve. Un grand nombre de ces lieux de vie fait l’objet d’un accompagnement associatif, souvent financé par l’Etat, de sorte que ces expulsions à répétition conduisent à briser le parcours de soins, d’insertion vers le logement et l’emploi des personnes, et bouleversent la scolarisation des enfants. Dans le cadre d’une campagne vaccinale où les personnes sans domicile sont prioritaires, la reprise des expulsions est contre-productive et ne permet pas un accompagnement serein vers la vaccination contre le Covid-19 ou le suivi des personnes entre deux injections.

Des pressions et intimidations policières ont également été recensées, conduisant les habitants à quitter les lieux avant l’expulsion. Ces pratiques inacceptables bafouent les droits fondamentaux et ne permettent pas aux personnes les plus vulnérables d’être orientées vers des solutions d’hébergement ou de logement pour construire un projet de vie pérenne.

D’autre part, la multiplication des procédures d’expulsions locatives en cours et les difficultés rencontrées pour proposer un relogement, ou à minima une solution d’hébergement adaptée aux ménages concernés le temps de trouver une réponse plus pérenne, inquiètent les associations. De fait, le parc d’hébergement d’urgence est déjà sollicité au maximum de ses capacités, et la sortie durable des personnes hébergées vers le logement reste très limitée dans de nombreux territoires. Ces tensions rendent encore plus difficile la recherche de réponses à apporter aux situations d’urgence provoquées par les expulsions de locataires et d’habitants de lieux de vie informels.

Dans ce contexte et afin d’éviter le drame social que constituerait la mise à la rue de milliers de ménages cet été ou dans les mois à venir, le CAU demande aux pouvoirs publics de réaffirmer et d’appliquer strictement et sur l’ensemble des territoires les instructions ministérielles relatives aux expulsions locatives, et d’instaurer un moratoire des expulsions des lieux de vie informels sans solutions jusqu’au 31 octobre 2021. Dans les cas où l’expulsion s’avèrerait inévitable, nous demandons à ce que des solutions concertées et pérennes soient proposées à toutes les personnes, et ce, quel que soit leur statut administratif ou leur vulnérabilité. Il est également nécessaire de renforcer les moyens humains et financiers alloués à l’accès et au maintien des personnes dans le logement.

Le CAU restera vigilant tout au long des mois à venir, et continuera à alerter les services de l’Etat et l’opinion publique autant que nécessaire.

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[COMMUNIQUE DE PRESSE] UNE BOUFFÉE D’AIR POUR LES PERSONNES EN HÉBERGEMENT D’URGENCE, DE VIVES INQUIÉTUDES SUR LE FRONT DES EXPULSIONS

Le Collectif des Associations Unies salue la décision du gouvernement de prolonger jusqu’en mars 2022 les 43 000 places d’hébergement d’urgence ouvertes depuis le premier confinement. Cette mesure rompt avec la « gestion au thermomètre » que dénoncent les associations depuis des années, et permet d’éviter la catastrophe sociale que constituerait la remise à la rue de dizaines de milliers de personnes.Mais, dans un contexte où les aides au logement (APL) ont été affaiblies, où les attributions HLM ont baissé de 20% en 2020 et où la production de logements très sociaux reste en deçà des objectifs fixés par le gouvernement, cette réponse face à l’urgence doit impérativement être accompagnée d’une montée en puissance du « Logement d’Abord », lequel doit permettre l’accès effectif à un logement durable de toutes les personnes qui en sont dépourvues. Par ailleurs, les décisions récentes du gouvernement ne suffiront pas à protéger l’ensemble des ménages menacés par la reprise des expulsions locatives et des coupures d’énergie à partir du 1er juin, ni celles susceptibles d’être expulsées de lieux de vie informels dans lesquels elles vivent faute d’autres solutions.

Malgré le répit accordé par le prolongement de deux mois de la trêve des expulsions (après une première prolongation au printemps 2020) la situation reste extrêmement tendue. La crise sanitaire, économique et sociale a appauvri et aggravé la situation de nombreux locataires en difficulté pour payer leurs loyers et leurs charges. La généralisation du télétravail et la baisse d’activités de nombreux services publics ont par ailleurs réduit les possibilités de faire valoir des demandes d’aides ou de recours, impactant les possibilités d’accès et de maintien dans le logement d’un nombre important de ménages. Au final, la fin de la trêve des expulsions locatives menace aujourd’hui plus de 30 000 ménages, un chiffre extrêmement préoccupant et jamais atteint.

Dans ce contexte très tendu, les associations du Collectif craignent que des départements n’apportent pas en nombre suffisant des solutions dignes et durables aux personnes en fin de procédure, malgré l’instruction publiée par les Ministères de l’Intérieur et du Logement, enjoignant aux préfets d’assortir toute expulsion d’une proposition de logement ou, à défaut, d’hébergement. L’année dernière, malgré une instruction plus stricte enjoignant à ne pas expulser sans relogement, des disparités territoriales avaient été relevées et dénoncées par le Collectif. Sans compter que l’orientation de personnes expulsées vers des hébergements d’urgence ne ferait que différer le problème de quelque temps pour les ménages concernés et emboliser encore davantage ce secteur déjà fortement sous pression, A noter également que les abondements, certes positifs, du Fonds d’indemnisation des bailleurs par l’Etat de 20 millions d’euros (le rapport du député Démoulin recommandait une hausse de 80 millions d’euros), et des Fonds de Solidarité Logement de 30 millions d’euros (dont les conditions d’attributions diffèrent selon les territoires), ne suffiront pas à répondre à l’ensemble des besoins identifiés et aux inquiétudes relevées par les associations.

Outre les expulsions locatives, de nombreux lieux de vie informels risquent également d’être expulsés cet été, sachant qu’aucuneinstruction ministérielle n’a été prononcée sur le sort des 20 000 personnes qui, en France métropolitaine, faute d’alternative, vivent aujourd’hui en bidonville ou squats dans la plus grande précarité. En 2020, en dehors du Calaisis et de Grande-Synthe, 65% des expulsions de lieux de vie informels ont eu lieu après la trêve hivernale.

C’est pourquoi le Collectif des Association Unies demande un nouveau prolongement exceptionnel de la trêve des expulsions jusqu’à ce que la situation s’améliore, ainsi qu’un engagement ferme et vérifiable de l’Etat et des collectivités à ce qu’aucune expulsion ou remise à la rue sans solution digne et durable n’interviennent, et ce quel que soit le statut administratif des personnes concernées ou la nature du lieu de vie. Les propriétaires bailleurs doivent parallèlement être indemnisés tant qu’une solution de relogement pérenne n’est pas proposée à chaque ménage.

Quoi qu’il en soit, les associations du Collectif restent plus que jamais mobilisées et veilleront au respect des engagements pris par le gouvernement dans les semaines et mois à venir, grâce à la mise en place d’un outil de remontées d’alertes au niveau national et territorial. Pour faire le point sur les difficultés qui auront pu émerger sur la période et sur les disparités éventuelles de mise en œuvre des instructions gouvernementales dans les territoires, une prise de parole sera organisée par le C.A.U au début du mois de juillet.

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26ème rapport sur l’état du mal-logement en France

Le 26ème rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, présenté le 2 février 2021, décrit et analyse les conséquences sur le mal-logement de l’irruption inattendue de la crise sanitaire, économique et sociale liée à la pandémie de Covid.

Cette situation inédite est intervenue dans un contexte de crise du logement déjà grave et bien ancrée. Dès lors, les épisodes de confinement et de couvre-feu ont reflété les inégalités de logement et remis au centre de nos vies l’importance cruciale de disposer d’un chez-soi décent.

Pour les victimes du mal-logement, auxquelles cette enquête donne la parole, rester à domicile en bidonville, dans des quartiers dégradés, en habitat indigne ou surpeuplement, représente une souffrance, pour soi et pour ses enfants, et entraîne un risque de contamination accru. Pour les plus de 300 000 personnes sans-domicile, à la rue ou dans des hébergements d’urgence plus que jamais inadaptés, la crise a suscité un bouleversement dans un système d’aide déjà fragile et sous tension, malgré la mobilisation d’acteurs publics et associatifs.

Alors que l’on aurait pu croire que cet épisode se limite à une parenthèse douloureuse, cette crise apparait de plus en plus comme porteuse de conséquences durables. Chute de la production de logements, notamment de logements sociaux, blocage des attributions Hlm, montée des impayés, accroissement de la précarité et du chômage, rupture de suivis sociaux, destructions d’emplois à venir et endettement généralisé… : l’étendue des dommages à moyen terme reste encore à qualifier mais on sait d’ores et déjà que les répercussions sociales de cette crise seront importantes.

Face à cela, les politiques publiques ont été réactives pour limiter la casse sociale, mais se contentent trop souvent de mesures conjoncturelles et insuffisantes. Alors que la crise aurait pu représenter une opportunité de changements structurels pour mettre à l’honneur la protection des plus faibles, la valorisation des services publics essentiels, la refonte des minima sociaux et la relance du Logement d’abord, le plan de relance apparaît, pour tous ces chantiers indispensables, comme une occasion manquée pour changer profondément et durablement les priorités de la puissance publique.

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[CAMPAGNE VISUELLE] NE PASSONS PAS D’UNE CRISE SANITAIRE A UNE CRISE HUMANITAIRE

Tandis que chacun souhaite que l’année 2021 puisse être meilleure que la précédente, la crise sanitaire reste vive, et ses conséquences économique et sociale continuent d’aggraver la situation des plus fragiles. Les insuffisances de l’action publique face à la gravité des enjeux conduisent le Collectif des Associations Unies à partager ses inquiétudes pour les semaines et mois à venir.

Dans ses voeux aux Français, le Président de la République a assuré avoir « une pensée pour tous nos compatriotes vivant dans la précarité, parfois la pauvreté, pour qui la crise que nous traversons rend le quotidien plus difficile encore. » Pourtant, dans les faits, si des mesures ponctuelles de mise à l’abri des personnes et d’aides financières ont été engagées depuis mars dernier, les associations sont toujours en attente de mesures structurelles pour répondre durablement aux urgences sociales et endiguer la vague de pauvreté.

Les ouvertures temporaires d’un nombre important de places d’urgence ne suffisent pas à résoudre l’augmentation du nombre de personnes sans-domicile, la saturation du parc d’hébergement, la baisse des constructions et des attributions de logements sociaux, la multiplication des expulsions de squats et bidonvilles… Avec la fin de la campagne hivernale prévue au 31 mars, les associations craignent la remise à la rue de nombreux ménages hébergés cet hiver, sans autre solution.

Les mesures d’aides financières ponctuelles pour les ménages modestes ne permettent pas de compenser la montée du chômage, l’envol des demandes de RSA, l’explosion des besoins en aide alimentaire et le risque d’une forte reprise des expulsions locatives à partir d’avril 2021. Sans parler de l’inaccessibilité des minimas sociaux aux jeunes de moins de 25 ans qui, s’ils n’ont pas de soutien familial, se trouvent sans aucune ressource.

La volonté présidentielle exprimée en 2017 de « ne plus voir d’hommes et de femmes dans rue » est en contradiction avec les économies réalisées sur les APL, la réforme de l’assurance chômage, la fragilisation du logement social et le plan de relance, dont à peine 3% des montants, concernent les personnes les plus défavorisées.

Dans ce contexte, le Collectif des Associations Unies formule 16 propositions à adopter rapidement pour sortir par le haut de cette crise majeure, et les illustre au travers d’une campagne visuelle sur les réseaux sociaux. Les GIF sont à consulter sur les comptes Facebook et Twitter du CAU.

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[DOSSIER DE PRESSE] Face à la dureté de la crise, il faut des réponses ambitieuses et durables pour les personnes à la rue et mal-logées

Avec près de 190 000 places d’hébergement en fonctionnement et l’ouverture de 9 000 places d’hébergement hivernal depuis le 18 octobre, date de démarrage du plan hiver, la mobilisation de l’État et des associations est forte pour héberger et accompagner les personnes à la rue dans un contexte de crise sanitaire qui pénalise durement les populations les plus exclues. Pour autant, la situation reste toujours aussi dramatique pour un nombre très important de personnes à la rue ou mal-logées :

Le 13 novembre, 3500 personnes (dont un millier sur Paris) ont appelé le 115 sans obtenir de place d’hébergement. Dans les grandes villes, et contrairement au premier confinement, les chiffres du 115 montrent un taux de demandes non pourvues avoisinant les 80 à 90%. En journée, les contraintes liées aux mesures sanitaires diminuent les capacités de prise en charge des accueils de jour, avec des personnes qui se retrouvent à la rue toute la journée, en rupture d’accompagnement et de lien social. Dans ce contexte de pénurie, le principe d’accueil inconditionnel et celui de la continuité de l’accueil, sont quotidiennement remis en cause.

Dans les mois à venir, l’affaiblissement des ressources conjugué à l’augmentation des charges liées au logement risque de mettre de nombreux locataires en difficulté pour payer leurs quittances de loyer et leurs factures d’énergie, faisant craindre une vague d’expulsions importantes dans les mois qui suivront la fin de la trêve des expulsions locatives, en avril 2021. Ces expulsions risquent d’intervenir alors même que le nombre de personnes sans domicile, qui a doublé depuis 2012, concerne aujourd’hui environ 300 000 personnes (selon la définition donnée par l’INSEE des personnes SDF comprenant les personnes à la rue, hébergées ou vivant dans un abri de fortune), que le nombre de relogements de personnes sans domicile reste très en deçà des besoins et que le parc d’hébergement est complètement saturé.

Sans autre alternative, plus de 16 000 personnes vivent aujourd’hui en bidonville dans la plus grande précarité, et dans la peur d’une expulsion signifiant un retour à la rue.  Les expulsions de campements, squats et bidonvilles ont repris de manière accélérée depuis l’été jusqu’à la trêve hivernale : selon l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels, parmi les 1 079 expulsions depuis le 31 octobre 2019 – dont 699 depuis le début de la crise sanitaire – 90 % n’ont pas été suivies d’une solution de logement ni d’hébergement. Lorsque des propositions sont faites, il s’agit majoritairement de mises à l’abri temporaire, qui ne permettent pas aux personnes expulsées de sortir durablement de la précarité, de se projeter et de s’ancrer dans un lieu de vie pérenne. Le 17 novembre, selon le communiqué de la préfecture, 3 000 personnes ont été évacuées d’un campement en Seine-Saint-Denis, pour être “mises à l’abri” dans des hébergements d’urgence ou en gymnase, une solution inadaptée dans le contexte sanitaire et contraire aux instructions gouvernementales du 3 novembre. Cette opération particulièrement violente a laissé plus de 500 personnes dans la rue sans solution.

La précarité a un impact direct sur la santé des personnes vivant à la rue. Selon le Collectif des morts de la rue, au moins 659 personnes sont décédées en 2019 à un âge particulièrement jeune, 50 ans en moyenne contre 79 ans en population générale. Chaque année, plus de 10 000 personnes ne disposant pas de logement et atteintes par une ou plusieurs pathologies graves demandent à être admises en appartement de coordination thérapeutique sans succès, faute de places disponibles.

Enfin, malgré un engagement fort de l’Etat et des associations pour renforcer les distributions alimentaires et distribuer des chèques services aux ménages précaires, la demande de produits d’alimentation et d’hygiène ne diminue pas depuis le premier confinement. De nouveaux publics, jeunes, familles monoparentales, travailleurs précaires sollicitent ces distributions et témoignent de la paupérisation d’une partie importante de la population.

Dans un tel contexte, il est impératif de répondre aux urgences sociales en garantissant l’hébergement inconditionnel et l’accompagnement de toutes les personnes à la rue, tout en développant des solutions ambitieuses à court et moyen termes pour garantir à chaque personne un logement digne et pérenne. Or, en ajoutant les aides exceptionnelles annoncées par le 1er Ministre le 24 octobre dernier, le plan de relance dédie moins de 3 % des 100 milliards d’euros aux plus précaires, un grand nombre de jeunes restent sans ressource faute d’accès au Rsa, les attributions de logement sociaux sont au plus bas (- 100 000 en 2020), la production neuve de logement sociaux est à la baisse, en raison notamment des ponctions infligées aux bailleurs sociaux, et l’écart entre les bas revenus et les coûts liés au logement est de plus en plus difficile à combler en raison des coupes dans les aides personnelles au logement (APL). 

Pour mettre durablement fin au sans-abrisme, il est indispensable d’investir massivement dans une politique ambitieuse de Logement d’abord et d’aller au-delà des objectifs fixés dans le cadre du plan quinquennal de 2017 ; cela afin d’accompagner vers le logement toutes les personnes actuellement hébergées et les personnes à la rue, mais aussi de relancer la construction de logements à vocation sociale à très bas loyer, ce qui constituera par ailleurs un levier majeur de création d’emplois et de croissance économique au service de l’intérêt général en temps de crise. 

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Lettre interministérielle – 30 juillet 2020 – stop aux expulsions de campements, squats et bidonvilles

A l’attention de Madame Emmanuelle Wargon, Ministre déléguée auprès de la Ministre de la Transition Ecologique, chargée du Logement,
De Monsieur Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé.
Et de Monsieur Gérald Darmanin, Ministre de l’Intérieur

Paris, le 30 Juillet 2020,

Madame et Messieurs les Ministres,

Dans ce contexte de crise sanitaire et sociale inédit, le Collectif des Associations Unies qui regroupe 39 associations nationales participant à l’accès au logement et à l’hébergement des personnes les plus démunies, tient à vous alerter sur les expulsions locatives ainsi que sur les expulsions de campements, squats et bidonvilles. Alors que des instructions ont été données aux préfets le 2 juillet afin de conditionner les expulsions et les remises à la rue à une solution de relogement ou d’hébergement, aucune consigne n’a été communiquée pour protéger les populations vivant dans ces lieux de vie informels, dont la situation est très préoccupante.

Mardi 28 juillet 2020, Madame la Ministre Emmanuelle Wargon déclarait dans les médias que « Les sans domiciles fixes ne doivent pas être les oubliés de cette crise sanitaire ». Pourtant, à ce jour, 9 bidonvilles ont été expulsés depuis la fin de l’état d’urgence sanitaire, renvoyant au moins 441 personnes à un parcours d’errance à la rue. 36 autres squats et bidonvilles regroupant plus de 1940 personnes sont menacés d’une expulsion imminente en France métropolitaine. Parmi elles, des familles avec des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées et des personnes malades, qui ont particulièrement souffert pendant le confinement. Les expulser sans solution d’hébergement ou de relogement risque de provoquer une rupture dans leur accès aux soins dans un contexte sanitaire déjà très anxiogène et alors même que des actions de dépistage, de protection et de prévention avaient été mises en oeuvre pendant le confinement. Alors qu’ils constituent déjà un public sanitairement fragile du fait de leurs conditions d’habitat extrêmement précaires, les expulsions à répétitions rendent impossible un accès aux soins continu et nécessaire pour ces personnes. De plus, un grand nombre de ces lieux de vie fait l’objet d’un accompagnement associatif, souvent financé par l’Etat, de sorte qu’expulser leurs habitants risquerait de briser leurs parcours d’insertion vers le logement et l’emploi, et bouleverserait la scolarisation des enfants.

Au-delà de ces expulsions, les associations de lutte contre l’exclusion s’inquiètent des évacuations de campements en cours. Ce mercredi, plus de 2100 exilés ont été expulsés sans préavis d’un campement installé le long du Canal Saint-Denis. La grande majorité n’en est pas à leur première expulsion, alors que 70 % d’entre eux sont des demandeurs d’asile et 20 % sont bénéficiaires d’une protection internationale accordée par la France. Ce soir, en pleine reprise épidémique, ces personnes dormiront dans des gymnases, des dispositifs temporaires et inadaptés au contexte sanitaire. Plus de 300 expulsions sont intervenues à Paris au cours de ces cinq dernières années. Le Ministère de l’intérieur admet pourtant que seulement la moitié des demandeurs d’asile sont aujourd’hui hébergés dans le dispositif national d’accueil, faute de place disponible. L’urgence est donc d’ouvrir des capacités d’accueil supplémentaires en CADA et HUDA pour éviter la reconstitution de ces campements indignes et la répétition des expulsions.

A Calais et à Grande-Synthe, nous assistons à une violation des droits fondamentaux : 711 expulsions de lieux de vie informels ont été ordonnées depuis le 1er janvier 2020, souvent des habitats précaires en tente. Ces expulsions sans propositions d’hébergement sont quasi quotidiennes, et aucune pause n’a été observée dans ces opérations policières durant l’état d’urgence sanitaire. La situation sanitaire est catastrophique : l’absence d’information, le manque d’’accès à l’eau et à l’hygiène, mettent en danger des centaines de personnes, dont des enfants en bas âge, des mineurs non accompagnés et des personnes vulnérables ou blessées survivant et dispersées dans des lieux de plus en plus isolés.

Nous souhaitons également vous alerter concernant des expulsions locatives ne respectant pas l’instruction ministérielle du 2 juillet 2020, qui vise à garantir une solution de relogement effective et adaptée aux occupants dont l’expulsion a été ordonnée judiciairement. En Ile-de-France, et particulièrement en Seine-Saint-Denis, des ménages sont expulsés sans proposition de relogement ni même a minima d’hébergement. Lorsque des propositions d’hébergement sont faites, elles se font à l’hôtel, une solution insatisfaisante et inadaptée pour les familles.

Face à la gravité de la situation, le Collectif des 39 associations Unies vous demande d’agir auprès des autorités locales concernées, afin de rendre effective l’instruction ministérielle du 2 juillet. Un moratoire des expulsions de squats et bidonvilles sans solutions pérennes et adaptées doit être instauré, accompagné d’un redimensionnement du parc d’hébergement, pour permettre des mises à l’abri inconditionnelles, volontaires, dignes et durables.

Nous sommes à votre disposition pour un échange sur ces situations et nous vous prions de croire, Madame et Messieurs les Ministres, en l’assurance de nos sentiments respectueux

Pour le Collectif des Associations Unies, les porte-paroles
Christophe Robert, Délégué Général de la Fondation Abbé Pierre
Florent Guéguen, Directeur Général de la Fédération des acteurs de la solidarité

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COMMUNIQUE DE PRESSE / Fin de l’état d’urgence sanitaire : Ne passons pas d’une crise sanitaire à une crise humanitaire !

Paris, le 2 juillet 2020,

Le 10 juillet marque la fin de l’état d’urgence sanitaire et, avec elle, la fermeture des hébergements « hivernaux », l’arrêt des mises à l’abri sanitaires et la reprise des expulsions. Pour les 39 associations du Collectif des Associations Unies, cette date ne doit pas signifier la fin de l’aide apportée aux milliers de personnes sans-abri et mal-logées, pour qui les problèmes ne s’arrêteront pas le 11 juillet.

Les mesures déployées par les acteurs de la solidarité avec les services de L’État pendant la crise sanitaire, ont marqué une avancée importante dans la protection des plus vulnérables. 20 000 places d’hébergement dont 12 000 à l’hôtel ont été ouvertes, 14 000 places hivernales ont été maintenues, des centres de desserrement Covid-19 ont ouvert, des points d’eau dans certains bidonvilles ont été installés, des chèques service ont été distribués, la trêve des expulsions a été prolongée… Au-delà d’un répit pour les personnes, cette mobilisation a montré qu’avec des moyens, des solutions étaient possibles pour les personnes sans-abris et mal-logées !

Pourtant, ces efforts sont à nouveau circonscrits dans le temps et les associations du Collectif sont déjà les témoins d’un « après » inquiétant sur certains territoires. Depuis le déconfinement, nous assistons à la fermeture anticipée de centres d’hébergement et d’hôtels mobilisés pendant la crise, qui avaient permis de voir baisser les appels au 115 de 70%.

Le 10 juillet cette situation risque fort de se dégrader rapidement, menaçant à nouveau les plus vulnérables. Si rien n’est fait pour l’en empêcher, la reprise des expulsions locatives comme celle des bidonvilles et squats, ainsi que la diminution des capacités d’hébergement et d’intervention sociale, provoqueront une vague de mises et de remises à la rue. Une catastrophe sociale qui doit à tout prix être évitée, à l’aube d’un été qui s’annonce caniculaire et face à un risque sanitaire toujours présent.

Face à cette urgence, le Ministre de la Ville et du Logement vient de s’engager à ce qu’aucune personne hébergée ne soit remise à la rue sans solution alternative. Il s’engage également à ce qui n’y ait aucune expulsion sans solution de relogement et annonce la publication d’une circulaire dans les prochains jours. Le Collectif des Associations Unies demande un engagement ferme et vérifiable de la part des pouvoirs publics – Etat et collectivités locales – pour maintenir, pérenniser et renforcer les mesures de protection, les capacités d’accueil qui ont été déployées pendant le confinement et les capacités d’orientation des ménages vers des solutions dignes et durables de logement. Quel que soit le statut administratif des personnes vulnérables concernées, aucune expulsion ou remise à la rue sans solution ne doit donc intervenir. Les associations du Collectif veilleront au respect de ces engagements. Pour atteindre ces objectifs le Collectif demande l’organisation dès la semaine prochaine et dans tous les départements de réunions associant l’ensemble des acteurs de l’hébergement et du logement sous l’égide du Préfet.

La fin de l’état d’urgence sanitaire doit être l’occasion d’un changement d’échelle ambitieux et nécessaire pour en finir avec le sans-abrisme et le mal-logement. Le Collectif des Associations Unies réitère ses 15 mesures à adopter d’urgence pour transformer l’essai et éviter d’ajouter de la misère à la crise économique et sociale.

Contacts presse :

Anne Lambert de Cursay, Chargée des relations médias – Fondation Abbé Pierre

alambertdecursay@fondation-abbe-pierre.fr – 06 23 25 93 79

Audrey-Jane Baldi – Responsable du service communication – Fédération des Acteurs de la Solidarité

audrey-jane.baldi@federationsolidarite.org – 06 17 80 03 52

Hélène Denise, Coordinatrice du Collectif des Associations Unies

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> Les 15 mesures à adopter d’urgence pour les personnes sans-abri et mal logées

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