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Happening contre le mal-logement : Pas un quinquennat de plus à la rue !

Ce mercredi 23 mars, à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les 39 associations du Collectif des Associations Unies ont appelé les citoyen.nes à une action collective pour dénoncer la situation dans laquelle vivent plus de 300 000 personnes en France :  à la rue, dans des bidonvilles, des hôtels sordides, des centres d’hébergement…

Pendant de longues minutes, le répondeur du numéro d’urgence 115 a résonné sur la Place de la République. Un son que toutes les personnes sans toit connaissent malheureusement trop bien. Chaque nuit, ce sont même 4 000 personnes, dont 1 000 enfants, qui appellent ce numéro et restent sans solution d’hébergement, faute de places suffisantes. Si, par chance, ces personnes décrochent un abri pour la nuit, la qualité de l’accueil n’est pas toujours au rendez-vous pour répondre à leurs besoins de repos, de santé, d’intimité, de sécurité, d’alimentation digne, de lien social, d’accompagnement…

Lorsqu’ils disposent encore d’un logement, l’affaiblissement des ressources conjugué à l’augmentation du prix du loyer et des factures d’énergie met de nombreux locataires en difficulté. Les plus pauvres d’entre nous dépensent ainsi près de 60 % de leurs revenus pour se loger. Face à la cherté du logement privé, 2 millions de ménages attendent un logement social, une attente qui dure en moyenne dix ans.

Malgré ce constat alarmant et bien connus de nos décideurs, les moyens publics investis dans le logement n’ont jamais été aussi faibles, et le sujet ne trouve pas sa place dans la campagne présidentielle. L’absence de ce thème dans les débats rend d’autant plus assourdissant le silence maintenu en ceux-ci sur les conséquences sociales et économiques de l’absence de logement digne de ce nom – en termes de santé, de travail et d’emploi, d’éducation, de formation, d’intégration, de civilité – pour ceux de nos concitoyens qui en sont privés.

Il est temps de mettre fin à cette spirale infernale !  La France a les moyens de venir à bout du drame quotidien vécu par les sans-abris et de faire en sorte que chaque personne puisse se loger dignement. Pour que le prochain quinquennat soit celui des résultats, le Collectif des Associations Unies a demandé aux candidat.es à l’élection présidentielle des réponses concrètes à des questions émanant du diagnostic partagé par nos organisations, et leur a fait parvenir ses propositions, parmi lesquelles :

1. Garantir un accueil inconditionnel et continu dans un hébergement digne et adapté.

2.  Mobiliser davantage le parc HLM, les bailleurs privés et les logements vides pour les plus vulnérables.

3.  Réguler les marchés immobiliers et réduire la part des dépenses liées au logement pour les ménages.

4.  Produire 150 000 logements vraiment sociaux par an.

5. Rénover les logements dégradés et énergivores

6.  Mettre fin à toutes les expulsions sans solution de relogement.

Replay de l’action : https://twitter.com/CollAssoUnies/status/1506598370575593474?s=20&t=ZF-xCgCmdzaFbtUqaUOTQQ

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Cérémonie des Barbelés Awards – 17 mars 2022

Les dispositifs anti-exilé·es se multiplient à Calais, ville-forteresse où est externalisée la frontière franco-britannique, si bien que s’y concentre un arsenal répressif inédit. Toute l’année, y (sur)vivent plus d’un millier de personnes exilées.

L’espace urbain calaisien est structuré par une logique d’invisibilisation, de dissuasion et de criminalisation des personnes exilées dans l’espace public.

À Calais, les pouvoirs publics considèrent les exilé·e·s non pas comme des personnes vulnérables, mais comme des présences illégitimes, indésirables et menaçantes. Les sans-papiers sont exclus de fait des dispositifs légaux ou même d’un droit à la protection minimale, à tel point que leur seule présence sur le territoire est devenue une infraction.

De concert, les mairies de Calais et ses environs (Coquelles, Marck) et la Préfecture du Pas-de-Calais ont engagé une politique de harcèlement et d’épuisement. Le motif avancé est la « lutte contre les points de fixation », qui justifie l’expulsion et la dispersion des exilé·es de leurs lieux de vie toutes les 48 heures, couplées au vol de leurs abris et effets personnels.

L’espace urbain calaisien est carcéralisé : grillages, murs, barbelés, blocs de béton… La frontière est hérissée d’innombrables  dispositifs sécuritaires (vidéosurveillance, caméras thermiques technologies de contrôle, drones et surveillance de pointe) et marquée par des pratiques répressives démesurées (forces de l’ordre armées en surnombre, contrôles d’identité au faciès généralisés, arrestations et enfermements nombreux et abusifs, déforestations et inondations de certaines zones).

Depuis 1998, plus d’un milliard d’euros ont été dépensés par les Etats français et britannique, rien qu’à Calais, pour l’achat de dispositifs sécuritaires . Entre 2017 et aujourd’hui, ce sont 425 millions d’euros qui ont été investis pour protéger la frontière. Sans compter le coût des forces de l’ordre mobilisées, chiffré par la commission d’enquête sur les migrations à près de 90 millions d’euros pour la seule année 2020.

Pourtant, les gouvernants britanniques, français et européens parviennent à se dédouaner de toute obligation juridique, politique et éthique à la frontière. Par un renversement des responsabilités, ce sont les personnes exilées elles-mêmes qui sont criminalisées. Les récits étatiques les désignent comme des « migrants clandestins » capricieux et parasites, qui font leur « shopping » sur le dos du système d’asile européen en enrichissant les réseaux de passeurs criminels.

A Calais, les autorités agitent sans cesse l’illusion d’un « socle humanitaire » qui permettrait la mise à l’abri de l’entièreté des exilé·es si telle était leur volonté. Pourtant, c’est l’Europe qui place ces exilé·es dans une impasse administrative et juridique, qui les maintient à la rue en situation d’errance et de misère.

Face à cette situation invivable pour les exilé·es et leurs soutiens, cette remise de prix satirique des « Barbelés Awards » vise à sensibiliser l’opinion publique à l’hostilité et à la cruauté urbaine calaisienne mises en œuvre en notre nom à tou-tes. Elle cherche à exposer l’hypocrisie, l’absurdité et l’inhumanité des pouvoirs publics, à dénoncer les pratiques impulsées par l’Elysée, le ministère de l’Intérieur et la mairie de Calais.


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23 MARS : APPEL A RASSEMBLEMENT / Pas un quinquennat de plus à la rue

Les 39 membres du Collectif des associations unies appellent les citoyen·nes à une action collective pour dénoncer la situation dans laquelle vivent plus de 300 000 personnes en France : à la rue, dans des bidonvilles, des hôtels sordides, des logements insalubres… Chaque nuit, ce sont près de 4 000 personnes, dont 1 000 enfants, qui appellent le numéro d’urgence 115 et ne se voient pas proposer l’accès à un hébergement faute de places suffisantes. Et si par chance ces personnes obtiennent un abri pour la nuit, il n’est pas toujours d’une qualité suffisante pour répondre à leurs besoins de repos, santé, alimentation, lien social, accompagnement… Ce rythme de vie pèse énormément sur des personnes en situation de grande détresse et aux parcours de vie compliqués. Il est temps de mettre fin à cette spirale infernale !

La France a les moyens de venir à bout du drame quotidien vécu par les sans-abri, de faire en sorte que chaque personne puisse se loger dignement. Comment ? En améliorant la qualité des places d’hébergement déjà existantes, en mobilisant davantage le parc Hlm, les bailleurs privés et les logements vides, en produisant 150 000 logements vraiment sociaux par an, et en proposant un accompagnement social et adapté à chaque personne.

Pour que le prochain quinquennat soit celui des résultats :

RENDEZ VOUS LE 23 MARS 2022 A 12H 30 PLACE DE LA REPUBLIQUE A PARIS

L’évènement Facebook : https://fb.me/e/1LVcQoWYu

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Plus de 50 000 enfants sont sans domicile en France : le CAU se mobilise

« Épuisés des nuits passées dans des hall d’immeubles, des quelques heures de sommeil chez des compatriotes ou dans une voiture que l’on me prêtait. Des fois, les enfants s’endormaient dans le bus ou le tram, fatigués, et je faisais le trajet aller-retour pour leur permettre de se reposer. Comment expliquer aux enfants la situation était l’épreuve la plus dure pour moi.»  Madame K., maman de deux enfants

Être enfant et ne pas avoir de chez-soi est une réalité : en France plus de 50 000 enfants vivent en hébergement, dans des abris de fortune, ou à la rue. Chaque soir après avoir obtenu une réponse négative du 115, près d’un millier d’enfants sont contraints de passer la nuit dehors en plein hiver avec leur famille, faute de places d’hébergement disponibles.

Face à ce drame, les 39 associations du Collectif des Associations Unies, l’UNICEF France et la FCPE se sont donnés rendez-vous à l’école Gilbert Dru à Lyon pour soutenir l’action du collectif Jamais Sans Toit. Ce collectif d’enseignants, de parents d’élèves et de citoyens engagés se mobilise auprès des élèves sans domicile et de leurs familles, pour les mettre à l’abri dans leurs écoles et de défendre leurs droits le temps qu’ils accèdent à un hébergement ou un logement. Depuis 2014, 450 enfants ont été mis à l’abri avec leur famille dans une soixantaine d’établissements scolaires de l’agglomération lyonnaise. Cette année, depuis la rentrée, 89 enfants ont été hébergés dans des écoles pour pallier aux carences de l’Etat en matière d’hébergement et de logement, dont il est légalement le garant.

Ce soir, ensemble, le collectif des Associations Unies, l’Unicef et les enseignants, parents d’élèves et familles rassemblés dans Jamais Sans Toit interpellent les pouvoirs publics et les candidat·es à l’élection présidentielle lors d’une conférence de presse.  

« L’Etat a déployé des moyens inédits pour pérenniser 200 000 places d’hébergement et mettre fin à la gestion saisonnière de l’hébergement. Hélas, du fait de la crise sociale et sanitaire, de l’extrême difficulté des ménages précaires à accéder ou se maintenir dans le logement social, il y a encore des personnes à la rue, dont des familles et des enfants. » Alexis Goursolas, Porte-parole du CAU, pour la Fédération des acteurs de la solidarité

« En laissant des enfants dormir dans la rue ou en habitats précaires, en les accueillant dans des structures d’hébergement inadaptées à leurs besoins, l’Etat français ne respecte pas les droits et principes fondamentaux inscrits dans la Convention internationale des droits de l’enfant. Aujourd’hui, ce sont des milliers d’enfants qui subissent les conséquences du mal-logement au quotidien. Ce sont des milliers d’enfants dont les droits fondamentaux ne sont pas respectés. Cette situation est indigne de la France, 7ème puissance mondiale et Etat signataire de la convention. Face à cette réalité inacceptable, l’UNICEF France appelle les dirigeants de ce pays à prendre des mesures afin que plus aucun enfant ne dorme à la rue et mettre fin à la violation des droits de ces enfants particulièrement vulnérables. » Béatrice Lefrançois, secrétaire générale de l’UNICEF France

« Avoir un toit sur la tête est un préalable pour apprendre. Nous demandons une véritable politique pour anticiper et construire des solutions pérennes d’hébergement, qui permettent la scolarisation et l’épanouissement des enfants et de leur famille. L’école n’est pas un musée des valeurs de la République mais un espace qui les rend vivantes. Un toit, c’est un droit.» Anne-Sophie Huchard, enseignante, collectif Jamais Sans Toit

 « Avec les parents d’élèves et les enseignants, nous appelons à créer un réseau national pour démultiplier les initiatives en soutien aux familles sans-abri, comme à Lyon, Villeurbanne, Vaulx-en-Velin, Strasbourg ou Grenoble. La communauté éducative toute entière, aux côtés des associations du secteur de l’hébergement et du logement, doit alerter les pouvoirs publics pour protéger tous les enfants, sans distinction. » Manuel Domergue, porte-parole du CAU et de la Fondation Abbé Pierre

Revoir la conférence de presse ici

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[DOSSIER DE PRESSE] UN QUINQUENNAT AUX AMBITIONS DÉÇUES

Alors que la France compte 300 000 personnes sans domicile et 4 millions de mal-logées, que le logement représente le premier poste de dépenses des ménages, la question du logement devrait être une priorité de la politique actuelle. Pourtant, depuis 1984, l’effort public pour le logement, en pourcentage de PIB, n’a jamais été aussi faible. Face à ce constat, les 39 associations du Collectif des associations Unies dressent le bilan des cinq années écoulées.

Afin de répondre à la crise du logement, le candidat Emmanuel Macron souhaitait « libérer » le marché du logement, et « protéger » les ménages les plus en difficulté en développant un plan quinquennal pour le  « Logement d’abord ». Malheureusement, ces ambitions ont été rapidement déçues. Malgré certaines avancées, la majorité des objectifs de production de logements et d’attributions HLM n’ont pas été atteints. Dès les premiers mois du quinquennat, des coupes budgétaires inédites ont été réalisées, fragilisant les principaux outils de lutte contre le mal-logement et aggravant la chute de la production de logement social.

Ensuite, la survenue de la crise Covid en 2020 a déstabilisé le monde du logement, réduisant encore la production de logements, et accroissant les difficultés d’accès aux droits et à un toit pour les personnes en difficulté. Face à l’urgence, le gouvernement a augmenté significativement les capacités du parc d’hébergement, permettant d’éviter l’explosion du nombre de personnes à la rue. Toutefois, des efforts restent encore à fournir en termes d’« humanisation » des structures et d’accompagnement social, pour assurer aux personnes un parcours de meilleure qualité. En outre, le parc d’hébergement reste saturé, et encore incapable de faire face au nombre important de personnes à la rue.

L’aggravation des situations de pauvreté, la hausse de 25 % des expulsions de lieux de vie informels sans solution de relogement, l’abandon par certains préfets, avec l’accord ou dans le silence du gouvernement, d’approches concertées de la résorption des campements et bidonvilles comme à Montpellier ou à Lille, la politique de harcèlement au détriment d’un accueil digne et organisé à Grande Synthe et dans le Calaisis, et la reprise des expulsions locatives en 2021 contribuent à dégrader ce bilan. Et même si le plan de relance a été l’occasion d’avancées législatives et financières sur le plan de l’amélioration de l’habitat, les moyens restent toujours en deçà des enjeux pour lutter efficacement contre l’habitat indigne et la précarité énergétique.

Face à ce bilan, les 39 associations du Collectif des Associations Unies souhaitent présenter aux candidat·es à l’élection présidentielle leurs propositions pour en finir avec la grande exclusion par le logement. 

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Le rapport 2021 de l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels

L’observatoire des expulsions collectives des lieux de vie informels est porté par plusieurs associations actives dans le domaine de l’accompagnement et de la défense des droits de personnes en situation de précarité et mal-logées.

Les objectifs de l’observatoire sont :

  1. Objectiver avec des données chiffrées la réalité de la politique d’expulsion des personnes en habitat informel ;
  2. Alerter l’opinion et les autorités publiques sur l’inefficacité des politiques d’expulsion et leurs conséquences pour les habitants ;
  3. Plaider pour un changement d’approche en privilégiant le respect des droits des habitant.e.s de lieux de vie informels.

Pour atteindre ces objectifs, l’observatoire repose sur des questionnaires à remplir par les contributeurs, qui doivent permettre de répertorier toutes les expulsions ou évacuations de personnes vivant dans un lieu de vie collectif et informel, et de préciser leurs fondements juridiques et leurs modalités concrètes de réalisation.

Les publications annuelles :

https://www.observatoiredesexpulsions.org/fr/login#publications-wrapper

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Bidonvilles : Notre lettre au Premier Ministre est restée sans réponse

Le 13 octobre 2021, le Collectif des Associations unies a souhaité interpeller le Premier Ministre sur leur profonde inquiétude quant à l’application territoriale de la politique de résorption des bidonvilles. Face à un constat extrêmement préoccupant, notre Collectif lui a demandé la réaffirmation auprès des autorités locales concernées de l’instruction interministérielle du 25 janvier 2018 avec un moratoire sur les expulsions de lieux de vie informels sans solution alternative réellement adaptée.

Ce courrier est depuis resté sans réponse, malgré la multiplication du nombre de lieux de vie expulsés. Selon l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels, 1330 lieux de vie informels ont été expulsés du 1er novembre 2020 au 31 octobre 2021, contre 1079 l’année dernière sur la même période.



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[COMMUNIQUE DE PRESSE] EXPULSIONS : LES POUVOIRS PUBLICS DOIVENT TOUT METTRE EN ŒUVRE POUR ÉVITER DE NOUVELLES SOUFFRANCES SOCIALES

Depuis la fin de la trêve hivernale des expulsions le 1er juin, les remontées de terrain issues des associations du Collectif des Associations Unies témoignent d’une multiplication des expulsions d’habitats informels et des risques d’expulsions locatives sans solutions adaptées et pérennes sur les territoires. Ces expulsions interviennent malgré les diverses mesures prises par le gouvernement pour limiter leur impact : maintien des capacités du parc d’hébergement d’urgence ouvertes pendant la crise sanitaire et l’hiver (43 000 places) a minima jusqu’à mars 2022, abondement des Fonds de Solidarité Logement et du Fonds d’indemnisation des bailleurs, instruction aux préfets visant à ne pas expulser les ménages locataires sans solution d’hébergement ou de relogement.

Dans un contexte de fragilités sociales et économiques importantes, et à une période où les possibilités de faire valoir les demandes d’aides ou de recours ont été réduites du fait des restrictions sanitaires, impactant de fait les possibilités d’accès et de maintien dans le logement, 30 000 ménages locataires et 20 000 habitants de lieux de vie informels risquent potentiellement de perdre leur logement ou leur abri dans les semaines et mois à venir.

Le Collectif s’inquiète en particulier du fait que les instructions ministérielles ne se prononcent pas sur le sort des personnes qui, faute d’alternative, vivent aujourd’hui en bidonville et squat dans la plus grande précarité. Les expulsions de lieux de vie informels se sont accélérées, au moins 103 depuis le 1er juin, sans compter toutes celles qui l’ont été pendant les mois précédant, malgré la trêve. Un grand nombre de ces lieux de vie fait l’objet d’un accompagnement associatif, souvent financé par l’Etat, de sorte que ces expulsions à répétition conduisent à briser le parcours de soins, d’insertion vers le logement et l’emploi des personnes, et bouleversent la scolarisation des enfants. Dans le cadre d’une campagne vaccinale où les personnes sans domicile sont prioritaires, la reprise des expulsions est contre-productive et ne permet pas un accompagnement serein vers la vaccination contre le Covid-19 ou le suivi des personnes entre deux injections.

Des pressions et intimidations policières ont également été recensées, conduisant les habitants à quitter les lieux avant l’expulsion. Ces pratiques inacceptables bafouent les droits fondamentaux et ne permettent pas aux personnes les plus vulnérables d’être orientées vers des solutions d’hébergement ou de logement pour construire un projet de vie pérenne.

D’autre part, la multiplication des procédures d’expulsions locatives en cours et les difficultés rencontrées pour proposer un relogement, ou à minima une solution d’hébergement adaptée aux ménages concernés le temps de trouver une réponse plus pérenne, inquiètent les associations. De fait, le parc d’hébergement d’urgence est déjà sollicité au maximum de ses capacités, et la sortie durable des personnes hébergées vers le logement reste très limitée dans de nombreux territoires. Ces tensions rendent encore plus difficile la recherche de réponses à apporter aux situations d’urgence provoquées par les expulsions de locataires et d’habitants de lieux de vie informels.

Dans ce contexte et afin d’éviter le drame social que constituerait la mise à la rue de milliers de ménages cet été ou dans les mois à venir, le CAU demande aux pouvoirs publics de réaffirmer et d’appliquer strictement et sur l’ensemble des territoires les instructions ministérielles relatives aux expulsions locatives, et d’instaurer un moratoire des expulsions des lieux de vie informels sans solutions jusqu’au 31 octobre 2021. Dans les cas où l’expulsion s’avèrerait inévitable, nous demandons à ce que des solutions concertées et pérennes soient proposées à toutes les personnes, et ce, quel que soit leur statut administratif ou leur vulnérabilité. Il est également nécessaire de renforcer les moyens humains et financiers alloués à l’accès et au maintien des personnes dans le logement.

Le CAU restera vigilant tout au long des mois à venir, et continuera à alerter les services de l’Etat et l’opinion publique autant que nécessaire.

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[COMMUNIQUE DE PRESSE] UNE BOUFFÉE D’AIR POUR LES PERSONNES EN HÉBERGEMENT D’URGENCE, DE VIVES INQUIÉTUDES SUR LE FRONT DES EXPULSIONS

Le Collectif des Associations Unies salue la décision du gouvernement de prolonger jusqu’en mars 2022 les 43 000 places d’hébergement d’urgence ouvertes depuis le premier confinement. Cette mesure rompt avec la « gestion au thermomètre » que dénoncent les associations depuis des années, et permet d’éviter la catastrophe sociale que constituerait la remise à la rue de dizaines de milliers de personnes.Mais, dans un contexte où les aides au logement (APL) ont été affaiblies, où les attributions HLM ont baissé de 20% en 2020 et où la production de logements très sociaux reste en deçà des objectifs fixés par le gouvernement, cette réponse face à l’urgence doit impérativement être accompagnée d’une montée en puissance du « Logement d’Abord », lequel doit permettre l’accès effectif à un logement durable de toutes les personnes qui en sont dépourvues. Par ailleurs, les décisions récentes du gouvernement ne suffiront pas à protéger l’ensemble des ménages menacés par la reprise des expulsions locatives et des coupures d’énergie à partir du 1er juin, ni celles susceptibles d’être expulsées de lieux de vie informels dans lesquels elles vivent faute d’autres solutions.

Malgré le répit accordé par le prolongement de deux mois de la trêve des expulsions (après une première prolongation au printemps 2020) la situation reste extrêmement tendue. La crise sanitaire, économique et sociale a appauvri et aggravé la situation de nombreux locataires en difficulté pour payer leurs loyers et leurs charges. La généralisation du télétravail et la baisse d’activités de nombreux services publics ont par ailleurs réduit les possibilités de faire valoir des demandes d’aides ou de recours, impactant les possibilités d’accès et de maintien dans le logement d’un nombre important de ménages. Au final, la fin de la trêve des expulsions locatives menace aujourd’hui plus de 30 000 ménages, un chiffre extrêmement préoccupant et jamais atteint.

Dans ce contexte très tendu, les associations du Collectif craignent que des départements n’apportent pas en nombre suffisant des solutions dignes et durables aux personnes en fin de procédure, malgré l’instruction publiée par les Ministères de l’Intérieur et du Logement, enjoignant aux préfets d’assortir toute expulsion d’une proposition de logement ou, à défaut, d’hébergement. L’année dernière, malgré une instruction plus stricte enjoignant à ne pas expulser sans relogement, des disparités territoriales avaient été relevées et dénoncées par le Collectif. Sans compter que l’orientation de personnes expulsées vers des hébergements d’urgence ne ferait que différer le problème de quelque temps pour les ménages concernés et emboliser encore davantage ce secteur déjà fortement sous pression, A noter également que les abondements, certes positifs, du Fonds d’indemnisation des bailleurs par l’Etat de 20 millions d’euros (le rapport du député Démoulin recommandait une hausse de 80 millions d’euros), et des Fonds de Solidarité Logement de 30 millions d’euros (dont les conditions d’attributions diffèrent selon les territoires), ne suffiront pas à répondre à l’ensemble des besoins identifiés et aux inquiétudes relevées par les associations.

Outre les expulsions locatives, de nombreux lieux de vie informels risquent également d’être expulsés cet été, sachant qu’aucuneinstruction ministérielle n’a été prononcée sur le sort des 20 000 personnes qui, en France métropolitaine, faute d’alternative, vivent aujourd’hui en bidonville ou squats dans la plus grande précarité. En 2020, en dehors du Calaisis et de Grande-Synthe, 65% des expulsions de lieux de vie informels ont eu lieu après la trêve hivernale.

C’est pourquoi le Collectif des Association Unies demande un nouveau prolongement exceptionnel de la trêve des expulsions jusqu’à ce que la situation s’améliore, ainsi qu’un engagement ferme et vérifiable de l’Etat et des collectivités à ce qu’aucune expulsion ou remise à la rue sans solution digne et durable n’interviennent, et ce quel que soit le statut administratif des personnes concernées ou la nature du lieu de vie. Les propriétaires bailleurs doivent parallèlement être indemnisés tant qu’une solution de relogement pérenne n’est pas proposée à chaque ménage.

Quoi qu’il en soit, les associations du Collectif restent plus que jamais mobilisées et veilleront au respect des engagements pris par le gouvernement dans les semaines et mois à venir, grâce à la mise en place d’un outil de remontées d’alertes au niveau national et territorial. Pour faire le point sur les difficultés qui auront pu émerger sur la période et sur les disparités éventuelles de mise en œuvre des instructions gouvernementales dans les territoires, une prise de parole sera organisée par le C.A.U au début du mois de juillet.

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26ème rapport sur l’état du mal-logement en France

Le 26ème rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, présenté le 2 février 2021, décrit et analyse les conséquences sur le mal-logement de l’irruption inattendue de la crise sanitaire, économique et sociale liée à la pandémie de Covid.

Cette situation inédite est intervenue dans un contexte de crise du logement déjà grave et bien ancrée. Dès lors, les épisodes de confinement et de couvre-feu ont reflété les inégalités de logement et remis au centre de nos vies l’importance cruciale de disposer d’un chez-soi décent.

Pour les victimes du mal-logement, auxquelles cette enquête donne la parole, rester à domicile en bidonville, dans des quartiers dégradés, en habitat indigne ou surpeuplement, représente une souffrance, pour soi et pour ses enfants, et entraîne un risque de contamination accru. Pour les plus de 300 000 personnes sans-domicile, à la rue ou dans des hébergements d’urgence plus que jamais inadaptés, la crise a suscité un bouleversement dans un système d’aide déjà fragile et sous tension, malgré la mobilisation d’acteurs publics et associatifs.

Alors que l’on aurait pu croire que cet épisode se limite à une parenthèse douloureuse, cette crise apparait de plus en plus comme porteuse de conséquences durables. Chute de la production de logements, notamment de logements sociaux, blocage des attributions Hlm, montée des impayés, accroissement de la précarité et du chômage, rupture de suivis sociaux, destructions d’emplois à venir et endettement généralisé… : l’étendue des dommages à moyen terme reste encore à qualifier mais on sait d’ores et déjà que les répercussions sociales de cette crise seront importantes.

Face à cela, les politiques publiques ont été réactives pour limiter la casse sociale, mais se contentent trop souvent de mesures conjoncturelles et insuffisantes. Alors que la crise aurait pu représenter une opportunité de changements structurels pour mettre à l’honneur la protection des plus faibles, la valorisation des services publics essentiels, la refonte des minima sociaux et la relance du Logement d’abord, le plan de relance apparaît, pour tous ces chantiers indispensables, comme une occasion manquée pour changer profondément et durablement les priorités de la puissance publique.

A lire ici

300 000 personnes sont sans domicile en France Métropolitaine.
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