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Un silence très inquiétant – Communiqué de presse – 2 mars 2015

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Un silence très inquiétant

Paris, le 2 mars 2015

Le 12 février dernier, des milliers de personnes se sont mobilisées dans toute la France à l’occasion d’une nuit solidaire pour exiger des pouvoirs publics une politique sociale qui soit enfin à la hauteur de l’intensification de la pauvreté dans notre pays. A Paris, plusieurs centaines de personnes ont prolongé la soirée et dormi dehors, par solidarité envers les 142 000 personnes sans domicilie fixe, qui chaque jour doivent affronter la violence d’une société de plus en plus inégalitaire.

Le gouvernement n’a formulé aucune réponse à cette mobilisation citoyenne. Pourtant, le bilan du Plan quinquennal contre la pauvreté révèle l’échec de la politique du logement et de l’hébergement :

  • L’engagement de mettre fin à la gestion au thermomètre de l’hébergement en favorisant l’accès direct au logement et la création d’hébergements pérennes n’a pas été tenu. Outre la situation dramatique du 115 qui ne répond qu’à une demande sur deux, des milliers de personnes sans abri sont menacées d’être remises à la rue sans solution lors de la fermeture des places hivernales à partir du 31 mars.
  • Le constat est alarmant sur le front du logement. Alors que la trêve des expulsions locatives prend fin au 31 mars, plus de 120 000 décisions de justice prononçant l’expulsion pour impayé de loyer ont été délivrées en 2013, chiffre jamais atteint auparavant. Les coûts du logement sont plus que jamais déconnectés de la précarisation des ménages. Or seuls 110 000 logements sociaux ont été financés en 2014, loin de l’objectif de 150 000 fixé par le gouvernement. Le budget consacré à la construction de logements sociaux a encore diminué dans le Projet de Loi de Finances 2015. D’autre part, la garantie universelle des loyers prévue dans le Plan a été réduite à la portion congrue, excluant de façon inacceptable les locataires sans emploi.

À la veille de la présentation par le Premier Ministre des nouvelles orientations du Plan quinquennal devant le Conseil National de Lutte contre les Exclusions, nous exigeons de la part du gouvernement la mise en place de dispositions ambitieuses permettant de respecter trois engagements fermes et immédiats :

– Personne ne doit être contraint de vivre à la rue,
– Personne ne doit être remis à la rue sans solution de logement ou d’hébergement pérenne à la fin de l’hiver,
– Personne ne doit être expulsé de son logement ou d’un terrain sans solution alternative.

Ces engagements ne sont possibles qu’à condition de développer l’offre de logements à bas loyers et d’hébergements pérennes pour répondre aux besoins des personnes modestes et des plus fragiles. D’où la nécessité d’une loi de programmation ambitieuse de logements, qui prévoit la construction de logements sociaux et très sociaux, la mobilisation massive du parc privé à vocation sociale et la création d’un nombre important de pensions de famille. Si les préfets, les collectivités locales, les bailleurs et les associations doivent être mobilisés dans ce cadre, le Collectif attend une réaction forte de la part du gouvernement.

Contacts presse :

FNARS : Céline Figuière : 06 16 85 95 09
Fondation Abbé Pierre : Mighelina Santonastaso : 01 55 56 37 45 / 06 23 25 93 79

Mobilisations Communiqués

Communiqué de presse de la Nuit Solidaire 2015

Paris, le 6 février 2015

Les 33 organisations du Collectif des Associations Unies vous invitent à une

NUIT SOLIDAIRE POUR LE LOGEMENT
JEUDI 12 FÉVRIER 2015, DE 18H A 6H
PLACE DE LA RÉPUBLIQUE, A PARIS

Un seul mot d’ordre : Combattons l’exclusion, agissons !

La Nuit Solidaire pour le Logement doit avant tout être une grande mobilisation citoyenne et populaire.

La Nuit Solidaire pour le Logement s’ouvrira par un appel des 33 présidents des associations unies lu par une personnalité publique, visant à interpeller les pouvoirs publics et l’ensemble de la société sur la nécessité de mettre en place en urgence une politique sociale ambitieuse dans notre pays.

Nous avons besoin de vous pour relayer cet appel à mobilisation citoyenne, condition sine qua non pour que les pouvoirs publics répondent en urgence à la situation qu’endurent les 3,5 millions de personnes mal-logées, dont 142 000 personnes sans domicile fixe.

Au programme :

  • HK et les Saltimbanks, le rappeur Georgio, Dias et bien d’autres artistes et personnalités (Aïda Touihri,…) interviendront sur scène tout au long de la soirée,
  • Des témoignages de personnes confrontées au mal-logement ponctueront la soirée et rappelleront l’urgence d’une action forte de la part des pouvoirs publics,
  • Une grande soupe populaire et un petit déjeuner le vendredi matin permettront à chacun de se restaurer,
  • Sous un grand chapiteau auront lieu des animations « pop up » ainsi que des mises en situations concrètes (un studio de 9m² en carton, une cabane de bidonville) pour favoriser les échanges entre les personnes mal logées, les acteurs associatifs et le public,
  • Pour les personnes qui souhaitent dormir sur place la nuit en solidarité avec les personnes à la rue, un espace composé de matelas leur sera dédié sur la place de la République.

Nous restons à votre disposition pour des explications complémentaires sur cette Nuit Solidaire pour le Logement.

Nous comptons vivement sur votre soutien.

Contacts presse :
FNARS : Céline Figuière : 06 16 85 95 09
Fondation Abbé Pierre : Mighelina Santonastaso : 01 55 56 37 45 / 06 23 25 93 79
Secours Catholique : Catherine Coutansais 06 74 95 55 19 / Djamila Aribi : 06 85 32 23 39

La Nuit Solidaire est également sur Facebook : www.facebook.com/events/1526566664298761/

Ainsi que sur Twitter : #nuitsolidaire @collassounies

Les 33 associations du Collectif :

Advocacy France
Association des Cités du Secours Catholique
Association Nationale des Compagnons Bâtisseurs
ATD Quart Monde
Aurore
Centre d’action sociale protestant (CASP)
Collectif Les Morts de la Rue
Comité des Sans Logis
Emmaüs Solidarité
Emmaüs France
Enfants de Don Quichotte
Fédération d’aide à la santé mentale Croix Marine
Fédération des Associations et des Acteurs pour la Promotion et l’Insertion par le Logement (FAPIL)
Fédération de l’Entraide Protestante
Fédération Française des Equipes Saint-Vincent
Fédération des Pact
Fédération nationale Habitat & Développement
Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS)
Fédération Nationale des Associations Solidaires d’Action avec les Tsiganes et les Gens du voyage (FNASAT-Gens du voyage)
Fondation Abbé Pierre
Fondation de l’Armée du Salut
France Terre d’Asile
Habitat et Humanisme
Les petits frères des Pauvres
Ligue des Droits de l’Homme
Médecins du Monde
Secours Catholique
Union Nationale des Amis et des Familles de Malades Psychiques (UNAFAM)
Union professionnelle du logement accompagné (UNAFO)
Union Nationale des Comités Locaux pour le Logement Autonome des Jeunes (UNCCLAJ)
Union Nationale pour l’Habitat des Jeunes (UNHAJ)
Union Nationale Interfédérale des Œuvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux (UNIOPSS)

Communiqués

31 mars : fin de la trêve hivernale

31 mars : fin de la trêve hivernale
Quelles solutions pour les milliers de personnes expulsées de leur logement ou de leur centre d’hébergement d’urgence ?

Lundi 31 mars 2014 à 11h30

Conférence de presse du Collectif des Associations Unies
Centre d’hébergement d’Emmaüs Solidarité, 12 rue Blanche, 75009 Paris

Le 31 mars marque la fin de la trêve des expulsions locatives et la fermeture de certains centres d’hébergement d’urgence temporaires ouverts pour l’hiver. Faute de possibilités de se maintenir dans leur logement ou d’accéder à un logement pérenne adapté à leurs ressources, ce sont des milliers de personnes qui risquent d’être contraintes de vivre dans la rue dès le 1er avril.

En 2012, plus de 115 000 décisions de justice prononçant l’expulsion pour impayés de loyer ont été délivrées . Ce chiffre n’a jamais été aussi élevé et révèle la part croissante des ménages pris en étau entre les coûts du logement et la précarité de leurs ressources. Comment accepter dès lors que les Aides personnelles au logement (APL) soient partiellement gelées en 2014 ? Loin de répondre à la précarisation de notre société, la politique du logement à des prix abordables reste notoirement insuffisante. En 2013, 117 000 logements sociaux ont été financés, loin des objectifs annuels de production de 150 000 logements sociaux, sachant que l’on est par ailleurs loin d’avoir relogés les 20 000 ménages prioritaires DALO prévus par le gouvernement dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté. Alors que l’on vient de fêter les 7 ans du vote de la loi DALO, plus de 54 000 ménages reconnus prioritaires n’étaient toujours pas relogés au 1er décembre 2013 , alors que parmi eux 42 000 avaient déjà dépassé les délais d’attente réglementaires.

Dans ce contexte, le Collectif des Associations Unies réitère sa demande de moratoire temporaire et immédiat des expulsions locatives avec dédommagement des propriétaires. Il appelle également à la mise en place d’une réelle politique de prévention pour anticiper les ruptures en accompagnant les ménages dès les premières difficultés à payer leur loyer. Il demande à ce que l’entrée en vigueur de la loi ALUR soit rapidement accompagnée de moyens conséquents pour la mettre en œuvre (diagnostic social obligatoire, mobilisation des CCAPEX, déploiement de la GUL…).
Trop souvent, les personnes expulsées se retrouvent à la rue, sollicitant des dispositifs d’urgence déjà saturés. Or, en février 2014, la moitié des demandes d’hébergement au 115 n’ont pas trouvé de réponse . Malgré ce contexte extrêmement tendu, des centaines de places d’hébergement d’urgence ouvertes en automne vont être fermées au printemps, perpétuant la logique humanitaire de mise à l’abri des personnes et témoignant d’une gestion au thermomètre qui ne dit plus son nom. En effet, malgré l’annonce ministérielle de la sortie de la gestion hivernale de l’hébergement d’urgence, les données collectées par le CAU (lesquelles seront dévoilées lors de la conférence de presse) montrent le contraire sur les territoires. Certes des places d’urgence ont été créées, mais une fois encore pour certaines d’entre elles à titre temporaire et en inadéquation avec les besoins. De surcroit des gymnases, casernes, bâtiments préfabriqués, hôtels ont été ouverts épisodiquement pour accueillir les personnes sans-abri, trop souvent dans des conditions difficiles (promiscuité et manque d’intimité, errance le jour de personnes accueillies uniquement la nuit, absence d’accompagnement social…) et vont progressivement fermer à partir de la fin du mois de mars. La majorité des appelants au 115 en février étaient déjà connus des services, démontrant l’absence d’alternatives proposées aux personnes qui sont confrontées à un système de porte tournante dont ils ne sortent jamais.
Le Collectif appelle immédiatement à la fin de la gestion saisonnière de la grande exclusion et demande à ce qu’aucune personne hébergée dans le cadre des places hivernales ne soit remise à la rue sans solution de relogement ou d’hébergement avec un accompagnement adapté, quel que soit son statut administratif.
La Ministre de l’égalité des Territoires et du Logement s’est engagée à trouver des alternatives à l’hébergement hivernal précaire et hôtelier en activant tous les leviers permettant d’augmenter l’offre de logements disponibles pour les ménages à faibles ressources, notamment en mobilisant le parc privé disponible et tous les contingents publics. Nous attendons une communication publique présentant le bilan de la mise en œuvre de cet engagement car les acteurs associatifs n’observent pas de changement sur le terrain.

Face à la massification de la précarité, les associations demandent au gouvernement de mettre en œuvre une réelle politique du logement pour les ménages les plus fragiles autour des trois piliers incontournables que sont la prévention, l’hébergement et le logement.

Contacts presse :

Emmaüs Solidarité : Cécilia Clérel : 07 55 57 00 78
FNARS : Céline Figuière : 01 48 01 82 06
Fondation Abbé Pierre : Mighelina Santonastaso : 01 55 56 37 45 / 06 23 25 93 79
Ton

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